Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Historique


Ce sont des structures dépendant des Renseignements généraux (R.G.), le service de police préexistant à la guerre chargé de surveiller pour le Gouvernement, l'état de l'opinion publique et l'activité des partis et groupes politiques.

Une première Brigade spéciale (BS1) a été mise en place en mars 1940 dans le cadre de la lutte contre le Parti communiste, clandestin depuis son interdiction en septembre 1939 suite à son approbation du Pacte germano-soviétique. Elle va utiliser et développer le fichier des R.G. sur les militants de gauche et d'extrême gauche, pacifistes, antimilitaristes, syndicales.

Le régime pétainiste ayant dès l'automne 1940 fait de la lutte anticommuniste une priorité, les effectifs de la BS1 sont développés, les auteurs ou porteurs de tracts ou journaux communistes, arrêtés, sont accusés de menées antinationales et lourdement condamnés.

À l'été 1941, le coup de feu de Pierre Georges (Fabien) au métro Barbès le 21 août 1941, qui marque le début de la lutte armée de la Résistance, va resserrer la coopération entre la BS1 et la police allemande pour interpeller les auteurs des attentats et leurs éventuels complices.

La Préfecture de police va augmenter les effectifs de la BS1 dont la direction sera confiée à partir de 1942 au commissaire Fernand David, entré en 1932 dans la police parisienne comme secrétaire de commissariat et qui devenu commissaire principal à 34 ans, va "chasser du rouge", aux ordres du régime pétainiste et en liaison avec les Allemands, encourageant à multiplier les arrestations et les internements.

À la BS1 "anticommuniste", va s'ajouter une BS2 "antiterroriste", placée sous les ordres du commissaire René (Jean) Hénocque dont la coopération avec la police allemande devient quotidienne et qui, utilisant avec patience les "meilleures" techniques policières, notamment en matière de filature ou infiltrations, faisant preuve de patience et de prudence, sera particulièrement efficace, démantelant les Groupes de combat de la Jeunesse Communiste (Bataillons de la Jeunesse), et ceux de la M.O.I. ("Groupe Manouchian" notamment). Les BS vont aussi s'appuyer sur la Police municipale parisienne et ses nombreux gardiens de la paix.

Entre août 1940 et août 1944, les BS1 et BS2 arrêtent près de 3200 personnes, pour la plupart remises aux Allemands. Les 200 à 220 policiers de cette brigade ont opéré de janvier 1942 à la fin de la guerre 1599 arrestations, principalement des communistes. Plus de 200 d'entre eux ont été fusillés, beaucoup d'autres ont été déportés.

À la libération, 150 policiers des Brigades spéciales seront poursuivis, dont 50 de la BS2. 64 inspecteurs seront condamnés, dont 22 à la peine de mort, 10 étant exécutés. Les condamnés seront souvent assez rapidement graciés.

Parmi ceux qui auront payé leurs crimes, mentionnons les commissaires et tortionnaires Fernand David et Lucien Rottée, exécutés le 5 mai 1945, Gaston Barrachin, fusillé le 19 janvier 1946.

D'autres tel le commissaire Jean Dides, révoqué par une Commission d'épuration, bénéficiera du contexte de la Guerre froide, sera réintégré dans la Police et en deviendra commissaire, organisera l'épuration des C.R.S. de leurs éléments communistes ou sympathisants. En janvier 1956, il sera élu député poujadiste avec un certain… Jean-Marie Le Pen.

Disons qu'il y eut aussi au sein des BS quelques Résistants tels Eugène Dumaine, mort en déportation.

Sources: Le Journal de la Résistance - Mars 2017


Dernière mise à jour le 31 août 2017-09:47:48

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