Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Biographies

Louis Garrivier est né à Crémieu le 31 août 1901 au foyer de Victor Garrivier et de son épouse Marie-Louise Marque. Une sœur et un frère viendront grandir le cercle de famille. L'enfance s'écoule dans l'ambiance de la première guerre mondiale qui épargne ce foyer. Les garçons, devenus adultes, fonderont chacun un nouveau foyer. Louis épousera une jeune fille de Trept, Marguerite Veyret. Ils auront trois enfants : Marinette, Josiane et Victor.

Marguerite, son épouse, redoutant l'ennui, se lance dans le commerce en reprenant la seule gérance libre à Crémieu à ce moment là, une laiterie, place de la Poype puis ce sera une épicerie, place de l'Église.

Louis entrera au corps des sapeurs-pompiers volontaires de Crémieu où ses compétences en mécanique et son habileté manuelle seront très appréciées. Au cours d'une intervention, un malencontreux accident autour d'une lance à incendie défectueuse amènera chez lui le développement d'une pleurésie dont il mettra quelques temps à guérir.

La guerre et les privations qu'elle impose amènent une baisse d'activité du garage et Louis aide plus souvent sa femme au magasin. Il "bricole" une scie à bois à moteur qu'il n'hésite pas à utiliser chez ses amis, avec ou sans rétributions si leurs moyens ne le permettent pas. C'est une personne très serviable.

Mais Louis le discret a de solides convictions humaines et politiques qui l'amèneront à intégrer le réseau de Résistance "Combat". Malgré ses précautions, ses enfants s'apercevront pourtant, qu'à la maison, sont entreposés une machine à imprimer et un poste émetteur récepteur. Josiane se souvient très bien de l'écoute des messages de Radio-Londres. Un soir, après avoir entendu une certaine phrase, son père s'est exclamé puis s'est absenté pendant deux longs jours. Quand il pressentira le danger d'une possible arrestation, il camouflera si bien son matériel qu'il ne sera jamais retrouvé.

En ce printemps 1944, la situation pour les Résistants, à Crémieu, devenait très dangereuse. Marcel Petit avait été arrêté avec ses principaux adjoints comme Georges Garrivier, son propre frère. Alors que Louis s'apprêtait à gagner le maquis, le 9 mai au matin, une traction noire de sinistre mémoire, aborde les rues de Crémieu et un occupant demande précisément à Josiane où se situe l'épicerie Garrivier. Figée par la peur, elle verra quatre hommes, deux civils et deux militaires s'engouffrer dans le magasin et, lorsqu'elle y parviendra elle-même, ils encadrent son père et tentent de l'emmener malgré les pleurs et les supplices des enfants. "Il le faut bien, il est sur la liste" lâchera l'un des intervenants.

Dans l'urgence, la famille tente de lui préparer un petit bagage. Josiane est envoyée en catastrophe chez sa tante, l'épouse de Georges, pour s'enquérir de ce qui peut être utile à un prisonnier. Lorsqu'elle reviendra à la maison, tout le monde est parti.

Le premier mouvement de cette famille accablée a été de tirer le volet et de se replier sur son chagrin et sa peur de l'avenir. Mais Marguerite Veyret était une forte femme ! "Non, mes enfants, le magasin reste ouvert et on fait face !" et, elle a dû faire face longtemps Marguerite, seule avec ses trois enfants. Louis n'est jamais revenu. Des mois, on a espéré contre toute attente. Peut-être est-il prisonnier quelque part !

Et puis, un jour, l'épouse de Georges Garrivier, a eu l'opportunité de feuilleter les registres qu'on avait établis des photos de toutes les personnes fusillées et non identifiées. Là, le cadavre n°16, parmi celui des 21 personnes fusillées à Dagneux le 12 Juin 1944, à 18 heures, au lieu-dit la Côte Givry, était manifestement celui de son beau frère, Louis. À partir de là, l'identification a pu être confirmée.

La dépouille de Louis Garrivier sera ramenée à Crémieu où une foule considérable assistera à son inhumation définitive au cimetière de Pierre-Plaine.

Sa conduite lui a valu l'attribution de la médaille militaire, de la Croix de Guerre avec palmes et de la médaille de la Résistance à titre posthume.

Que s'était-il passé à Dagneux ?

Sources : © Les Heures de Crémieu - André Appriou

Dernière mise à jour le 31 août 2017-09:47:47

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