Association Nationale des Anciens Combattants

et Ami(e)s de la Résistance


Comité de Morestel & Nord Isère

Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs (A.M.A.R.A.)

Historique


Au commencement était la "Légion française des Combattants" (L.F.C.), créée à l'initiative de Xavier Vallat, secrétaire général aux Anciens Combattants auprès du Gouvernement de Vichy, par la Loi du 30 Août 1940, afin de se substituer aux diverses associations existantes d'Anciens Combattants dissoutes.

La nouvelle association, implantée en zone Sud, le Haut Commandement militaire allemand (MbF) ayant refusé dès le 22 septembre son extension en zone occupée, est présidée par celui que la propagande officielle ne cessera de présenter comme étant "le vainqueur de Verdun", en l'occurrence le Chef de l'État Français, Philippe Pétain. Elle rassemblera jusqu'à 900.000 adhérents en Métropole, sons mensuel "Le Légionnaire" tirant à 1 million d'exemplaire.

Les adhérents de la L.F.C. sont censés constituer "partout et dans chaque village des groupes destinés à faire respecter et exécuter les sages conseils de leur chef de Verdun et de 18". Les dirigeants de la L.F.C. et dirigeants départementaux sont nommés par le ministre, ils sont les organisateurs actifs de la propagande maréchaliste, des organisateurs aussi des manifestations de masse lors de la venue de Pétain dans leurs départements.

En plus des Anciens combattants qui la composent, la L.F.C. va essayer de s'élargir aux familles de soldats et prisonniers, à celles et ceux qui partagent les valeurs patriotiques et maréchalistes de la "Révolution nationale", aux jeunes de 16 à 21 ans : le 26 février 1941 est créé pour eux l'Association "Les Amis de la Légion".

La loi du 19 novembre 1941 va transformer la L.F.C. en "Légion Française des Combattants et de Volontaires de la Révolution nationale", intégrant les Anciens de 14-18 et des partisans du régime ; les "Volontaires de la Révolution nationale (V.R.N.) remplacent les "Amis de la Légion".

En janvier 1942, est officialisée au plan national une structure militarisée née à Nice fin 1941 et "rassemblant de jeunes volontaires pour des missions d'ordre et de protection", le Service d'Ordre Légionnaire, son chef Joseph Darnand prend le titre d'Inspecteur général. Le S.O.L. a un programme en 21 points, dont on peut extraire ceux-ci :

Contre la dissidence gaulliste, pour l'unité française

Contre le bolchevisme, pour le nationalisme

Contre la lèpre juive, pour la pureté française

Contre la Franc-maçonnerie païenne, pour la civilisation chrétienne

Pour être membre du S.O.L., c'est-à-dire désigné ou accepté par les dirigeants départementaux, il faut être Légionnaire L.F.C. ou V.R.N., Français, âgé de plus de 20 ans, ne pas être Juif, être volontaire pour le service et voir des aptitudes physiques… Car ce "Corps de Volontaires au service du Maréchal" qui portent un uniforme (béret, chemise kaki, cravate noire et pantalon bleu) peut être utilisé "contre un coup de force des adversaires de la Révolution nationale". Combien ont été les membres du S.O.L. ? : 18.000 environ pour la zone Sud.

À partir du 1er avril 1942, le S.O.L. des Alpes-Maritimes publie un bulletin : "La Trique". Un titre qui est un programme et annonce un changement qui, six mois plus tard, va s'avérer dramatique.

Le 5 janvier 1943, Pétain donne son autonomie au S.O.L. par rapport à la L.F.C., que la loi 63 parue au JO du 30 janvier suivant légalise sous le nom de "Milice Française", "reconnue d'utilité publique" (sic) et dont Laval prend la tête, nommant Darnand secrétaire général. Son journal sera "Combats". Le 27 janvier 1944, la Milice sera autorisée par les autorités d'Occupation à s'implanter en zone Nord, y étant dirigée par Max Knipping puis François Gaucher.

La Milice va avoir deux missions, la Propagande et le Maintien de l'Ordre. La Propagande s'inscrit dans le dispositif général de la propagande de l'État Français et du Gouvernement Laval : culte du Maréchal, antisémitisme, antibolchevisme, Révolution nationale, etc.

Le Maintien de l'Ordre va être le domaine d'une structure spéciale militarisée de la Milice : la "Franc-Garde", qui à partir de 1943, a une branche encasernée et soldée, à la tenue bleue, et une branche de bénévoles de volontaires, à la tenue kaki, répondant à des convocations pour des opérations ponctuelles, portant toutes les deux le gamma en insigne. La Franc-Garde sera armée à partir de novembre 1943.

Et le 20 janvier 1944, sont créées des cours martiales, que la Milice va présider et utiliser pour condamner le plus souvent à mort les Résistants ; les condamnés sont exécutés par les G.M.R..

La Franc-Garde de la Milice va être impliquée, souvent en collaboration avec les troupes allemandes, au printemps et à l'été 1944, dans les opérations contre les maquis, au plateau des Glières, dans le Limousin et dans les assassinats de personnalités républicaines tel Maurice Sarraut, Jean Zay, Georges Mandel …

En août 1943, Joseph Darnand a prêté serment à Hitler et a été nommé SS-Oberstürmfuhrer, à l'automne 200 à 300 miliciens s'engagent dans la Waffen SS, ils seront suivis le 11 octobre 1943 par onze chefs miliciens. Lors de la libération, nombre de miliciens, souvent avec leurs familles, vont suivre la retraite de la Wehrmacht jusqu'en Allemagne, où beaucoup seront incorporés à la division SS-Charlemagne et partageront son anéantissement.

En juin 1944, la Franc-Garde comptait 6281 hommes pour la zone Sud, dont 1540 permanents, et 415 en zone Nord, la mobilisation de la Milice le 7 juin 1944 par Darnand, nommé le 1er janvier 1944 Secrétaire général au Maintien de l'Ordre en remplacement de Bousquet, portera les effectifs à 30.000 hommes.

Sources: Le Journal de la Résistance - Mars 2017

Photo du haut: Opération de Milice contre des Résistants

Autre photo : Joseph Darnand


Dernière mise à jour le 31 août 2017-09:47:48

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