Résistance Morestelloise

Résumé chronologique (Sources: Archives A.M.A.R.A)

1941 : LES PRÉMICES DE LA RÉSISTANCE

Johannes (dit Jo) PEYSSON, instituteur à VEYRINS, entre en relation avec le mouvement LIBÉRATION, nouvellement créé. Des petits comités locaux sont constitués dans des communes du Canton de MORESTEL. Une première réunion a lieu, à laquelle sont présents AMEVET Marcel. BLANCHIN Albert  et ROCHAS Claude qui ont payé de leur vie leur confiance dans la destinée de la France ; mais aussi M. BERLIOZ invalide de guerre,  BERGRAND Albert, BILLOUD François, BORDEL Jo, BORDEL Louis , BUTTIN Johannes , le Général MARCHAND, SAUTEREL Henri et SOUDAN Philibert.

1942 : LA CONSTITUTION DES PREMIÈRES FORMATIONS MILITAIRES

Les lecteurs de LIBÉRATION, COMBAT et FRANC TIREUR deviennent membres des sizaines. Le premier arsenal clandestin se constitue: il se compose de fusils de chasse et de vieilles armes. Un groupe franc se crée et est animé par Pierre CACHARD qui sera tué lors de la libération de BOURGOIN à LA VERPILLIÈRE.

1943 : L'ARMÉE SECRÈTE

Les formations paramilitaires se fondent en une organisation unique: l'ARMÉE SECRÈTE (A.S).

Le Chef du District est le Commandant GAINET qui tombera en août 1944 lors des combats pour la libération de ROMANS. Avant de quitter la région pour le VERCORS, le Commandant GAINET confie le commandement du District A.S à Jo PEYSSON alias LUCAS.

Les tâches se multiplient:

· Cacher les armes non déposées dans les gendarmeries.

· Etablir des fausses cartes d'identité pour les réfractaires du S.T.O.

· Fournir aux réfractaires du S.T.O des cartes d'alimentation kidnappées dans les   mairies.

· Collecter de l'argent et des vivres pour le VERCORS.

· Etablir des liaisons avec les autres Comités.

 

1944: L'ANNÉE DE LA LIBÉRATION

Les Résistants apprennent qu'un réseau de l'INTELLIGENCE SERVICE (I.S) anglais recherche des terrains de parachutage et des équipes de réception.

 

Chronologie de quelques actions et opérations.

En avril 1944, quatre parachutages ont lieu: deux à VÉZERONCE, deux au BOUCHAGE.

En mai, l'inventaire des armes parachutées a lieu et occupe six hommes pendant un jour et demi. Les armes sont ensuite réparties dans les communes. Le groupe franc, très actif, procède alors à des destructions de machines, à des subtilisations de produits réquisitionnés...

Début juin, les volontaires font mouvement vers AMBLÉON, Les hommes répartis en 8 sections combattantes sont entraînés. Grâce à l'apport des réfractaires au S.T.O, les effectifs passent rapidement à 300, puis près de 500 hommes. Régulièrement, une section accompagnée d'une pièce de mitrailleuse et d'un bazooka, établi un barrage dans l'ISÈRE consistant à provoquer le plus de pertes possibles tout en évitant l'encadrement.

Comme diverses opérations doivent avoir lieu et que les hommes doivent être nourris, habillés, chaussés et abrités, il est procédé à LA TOUR DU PIN à l'enlèvement de vêtements fabriqués pour la Milice et, en accord avec les Ets CLERGET, de 5000 paires de chaussures. Toujours en accord avec les Ets CLERGET, une deuxième fois 10 000 paires de chaussures. Toutes ces chaussures servent à équiper non seulement nos hommes, mais aussi les maquis de l’AIN, pour ceux-ci près de 9000 paires. D'autres réquisitions sont opérées; il s'agit de tentes pour abriter les volontaires chez DICKSON à SAINT-CLAIR-DE-LA-TOUR et de trois tonnes de tabac à l'Entrepôt de la Régie. La vente des chaussures et du tabac permet d'alimenter notre fonds de guerre qui vivait jusqu'alors des subsides versés par Romans PETIT, chef des Maquis de l'AIN.

17 juillet: un détachement allemand venu se ravitailler à BELLEY est chassé de la ville (ce sera là la seule action militaire dans l'AIN).

29 juillet: Une section rencontre à LEYSSIN un convoi allemand d'une centaine d'hommes. Les forces montent en action. On dénombre 12 tués et de nombreux blessés ennemis et un blessé grave chez les Résistants.

1er Août: Matin, cinq sections dont une de BOURGOIN et deux des Maquis de l'AIN accrochent entre BOURGOIN et RUY un convoi allemand venant de GRENOBLE. Les bazookas pulvérisent 3 véhicules allemands. FM et mitrailleuses achèvent la débâcle. Le bilan est de 3 blessés.

1er Août: Après-midi; à MONTALIEU-VERCIEU, un groupe envoyé pour arraisonner un car de G.M.R. (policiers de l'Etat Français, ancêtres des C.R.S) tombe sur un fort convoi ennemi comprenant des Mongols. Le combat court et violent entraîne 4 morts, plusieurs blessés et un prisonnier. Suite à cette journée, des représailles sévères seront exercées sur la population et des civils trouveront la mort.

17 Août: Une sérieuse passe d'armes a lieu à GRENAY.

22 Août: Accrochages du LOMBARD (Commune de l’ISLE D’ABEAU), la 4ème section, les CHR et le groupe sédentaire F.T.P de VÉZERONCE; un mort : Pierre THIERS.

23 Août: Libération de JALLIEU et BOURGOIN.

25 Août: Les Américains débarqués en PROVENCE entrent dans BOURGOIN libéré et s'y installent temporairement.

Les 28 et 29 Août: Ce sont les journées les plus sombres qu'ont vécues les maquisards d'AMBLÉON. En effet, les postes avancés qui s'installent de plus en plus près de LYON sont pris à partie par des reconnaissances allemandes venant de la cité rhodanienne. De violents combats ont lieu dans la région de ST. BONNET et ST. LAURENT DE MURE où, dans la plaine, nos hommes sont surpris à découvert par des blindés ennemis munis de mitrailleuses lourdes. Des sections seront encerclées, des camarades faits prisonniers et fusillés. D'autres mourront dans les combats au seuil de la libération totale de la région, et ce, face à l'inertie des forces américaines qui resteront à BOURGOIN n'ayant pas reçu l'ordre d'aller plus loin.

Début septembre: Après un repli sur FLOSAILLES, nous marchons sur GENAS puis sur LYON qui se libère et où nous entrons par l’hôpital de GRANGE-BLANCHE et le Cours GAMBETTA. Nous recevons la plus chaleureuse réception que l'on puisse imaginer:

"Des grappes humaines s'accrochent à nos véhicules".

Nous traversons ainsi toute la partie sud de la ville jusqu'au groupe scolaire PAINLEVÉ où nous nous installons. Nous soutenons les combats qui se poursuivront jusqu'à la Libération de LYON dans la nuit du 2 au 3 septembre.

Les combats sont presque terminés. Quelques opérations seront encore menées dans le centre ville contre l'arrière garde des miliciens que le départ précipité de l'ennemi a laissés en fâcheuse position. LYON est pour nous. Tout au moins en temps que maquisards le point ultime de nos efforts et de nos combats dans lesquels sont tombés, pour la Liberté, 24 de nos camarades et une centaine seront blessés.  Les armes des deux premiers restent au réseau à la condition d'accepter des ordres donnés par l'I.S sauf dans le cas où ils seraient contraires à l'intérêt des Français. (Précisons que nous n'avons jamais reçu d'armes de Londres (du commandement français))

 

Sources: © Archives A.M.A.R.A

 

Mis à jour le 2 mars 2012

Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance
Comité Cantonal de Morestel (Isère)
Amicale des Maquisards d’Ambléon et des Résistants Actifs de la Région de Morestel (a.m.a.r.a)
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